12. Pleonexia « cupidité », « avarice ».

« Jamais, en effet, nous n’avons usé de paroles flatteuses, comme vous les savez : jamais nous n’avons eu la cupidité pour mobile, Dieu en est témoin » (1 Th 2, 5).<br />

La cupidité, ou avarice, est le cinquième péché capital, correspondant au don de Force. C’est le péché par lequel quelqu’un thésaurise un bien au point de ne pas le faire circuler. La vertu qui s’y oppose est la libéralité ou largesse. Le don de Force ‘libère’ les forces vives que sont les grâces divines et les répand sur toute chair, comme cela s’est produit à la Pentecôte et comme cela se produit dans tout le Sacerdoce, œuvre du don de Force. Le Sacerdoce est l’ensemble des rites par lesquels la grâce de Dieu est transmise aux hommes, de Dieu aux hommes et des hommes aux hommes. L’avare retient tout pour lui et ne relâche pas les richesses qu’il possède, les empêchant ainsi de fructifier. Il n’investit pas son argent. La loi de l’économie est que l’argent circule, car il est de l’énergie en puissance. Le cupide veut amasser pour tout garder pour lui. Celui qui cherche à s’enrichir pour aussitôt transmettre ces richesses aux nécessiteux, ce que font les organisations de charité, ne sera pas considéré comme cupide. L’avarice est une maladie qui menace les dirigeants de toutes sortes (politiques, économiques, religieux). Elle produit une enflure de la tête (les chefs) et une atrophie des membres (le peuple), ce que l’on observe dans les pays où les dirigeants se sont enrichis aux dépends de leur population.

Le mot grec employé ici est pleonexia. Jésus nous met en garde contre l’avarice en Lc 12, 15 : « Puis il leur dit : Gardez-vous avec soin de tout avarice ; car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fut-il dans l’abondance ». Ce verset, placé sous le signe de la Crainte, nous rappelle de quoi, ou plutôt de qui, dépend la vie d’un homme. Elle dépend du Père, qui nous l’a donnée et la maintient à certaines conditions. Ces conditions sont les lois de sa justice. Le lien entre la libéralité et l’avarice est exposé par St Paul dans en 2 Co 9, 5 : « J’ai donc jugé nécessaire d’inviter les frères à se rendre auparavant chez vous, et à s’occuper de votre libéralité déjà promise, afin qu’elle soit prête, de manière à être une libéralité, et non un acte d’avarice». Libéralité est ici la traduction du grec eulogia, qui désigne aussi la bénédiction et la louange. Tous ces thèmes sont liés à la Force. En effet, le sacrifice de Jésus Christ sur la croix de l’Intelligence nous a ouvert les portes du ciel, d’où les grâces peuvent pleuvoir abondamment et irriguer toute chair. L’homme béni reçoit la puissance de Dieu qui le libère du mal, et il loue Dieu d’être ainsi libéré et rendu à la vie. C’est le salut, œuvre de la Force.

Légende image : Louis de Funes dans l’Avare