12. Tis « quelqu’un ». Les Sciences Humaines

« Il dit à un autre (tis): Suis-moi. Et il répondit: Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père » (Lc 9 59).

Tis, « quelqu’un, une personne, un homme, une femme », est employé dans 418 versets du NT. Lc 19, 31 : « Si quelqu’un (tis) vous demande : pourquoi le détachez-vous ? vous lui répondrez : le Seigneur en a besoin ». Tis est le pronom indéfini. Il représente l’universel par rapport au particulier, l’homme en général. Dans ce verset, il désigne ceux qui ne connaissent pas encore le Christ mais son intrigués de ce que font les chrétiens et leur posent des questions. La théologie, œuvre de la Force dans le Magistère, répond aux questions des gens, tous horizons confondus. Les associations de fidèles, œuvres de la Force dans l’Apostolat, vont au-devant des hommes, partout où ils sont, et leur apportent l’Evangile. La Force est au service des hommes. Les sciences de l’homme en général sont appelées les Sciences humaines. Elles sont l’œuvre de la Force dans la Culture. Elles étudient le phénomène humain sous toutes ses dimensions.

En tant que domaine de la culture, elles ont pour mission de penser le caractère surnaturel de l’homme, c’est-à-dire de le considérer à la lumière de sa relation avec le Dieu transcendant. Les sciences humaines, ou sociales, se distinguent des sciences de la nature en ce que ces dernières ont pour objet d’étude la nature, qui inclue l’homme comme l’une des créations de Dieu, tandis que les premières ont pour objet l’homme comme créature destinée à être élevée au-dessus de la nature. Les sciences humaines ont pour mission de montrer que l’homme n’est pas seulement un rouage dans le système du monde, mais est appelé à en devenir « maitre et possesseur », comme Marie devenue Reine de toute la Création. Les deux visions ne s’opposent pas mais se complètent. Le caractère naturel de l’homme est le fondement depuis lequel il s’élève, par la grâce, vers sa vocation d’enfant de Dieu, après la nouvelle naissance ‘de l’Esprit’ que la descente de l’Esprit à la Pentecôte effectue et que tout le Sacerdoce étend à tout l’espace et à toute la durée de l’histoire humaine. On peut dire que les sciences humaines préparent l’esprit de l’homme à cette nouvelle naissance en lui donnant la conscience de sa dignité ou valeur surnaturelle. En ceci réside le véritable humanisme, non pas en opposition avec l’idéal évangélique, mais en préparation.

Citons les premières pages du Drame de l’humanisme athée, du Cardinal Henri de Lubac, qui remettent les sciences humaines, œuvre des ‘élites pensantes’, sur la bonne voie après des siècles d’égarement. « Connais-toi donc, ô homme ! Tel est le cri que, par la voix de ses docteurs et de ses apologistes, l’Eglise des premiers siècles lance partout autour d’elle. Reprenant, après Épictète, le ‘gnothi seauton’ socratique, elle le transforme et l’approfondit. De ce qui était surtout pour le sage antique un conseil d’attention morale, elle fait un appel à une estimation métaphysique. Connais-toi, dit-elle, c’est-à-dire connais ta noblesse et ta dignité, comprends la grandeur de ton être et de ta vocation, de cette vocation qui constitue ton être. Sache voir en toi l’esprit, reflet de Dieu, fait pour Dieu : ‘O homme, ne méprise pas ce qu’il y a d’admirable en toi ! Tu es peu de chose, à ce qui te semble, mais je vais t’apprendre qu’en réalité tu es une grande chose !…Prends garde à ce que tu es ! Considère ta dignité royale ! Le ciel n’a pas été fait image de Dieu comme toi, ni la lune, ni le soleil, ni rien de ce qui se voit dans la création…Voici que de tout ce qui existe, rien n’est capable de contenir ta grandeur’. Des philosophes t’ont dit que tu étais un ‘microcosme’, petit monde fait des mêmes éléments, doté de la même structure, soumis aux mêmes rythmes que le grand univers ; ils t’on expliqué que tu étais fait à son image et que tu subissais ses lois ; ils ont fait de toi un rouage, tout au plus un abrégé de la machine cosmique. Ils ne se trompaient pas entièrement. Par ton corps et par tout ce qui, en toi, peut être dit ‘nature’, cela est vrai. Mais si tu creuses davantage et si ta réflexion s’éclaire aux indications des livres sacrés, alors tu seras étonné des profondeurs qui s’ouvriront en toi. Des espaces incompréhensibles s’étendront devant ton regard. Tu t’apercevras bientôt que, dans une sorte d’infinité, tu débordes de partout ce grand monde et qu’en réalité c’est lui, le ‘macrocosme’, qui est contenu dans cet apparent ‘microcosme’…In parvo magnus. On pourrait croire le paradoxe emprunté à quelqu’un de nos grands idéalistes modernes. Il n’en est rien. Formulé par Origène, puis par saint Grégoire de Nazianze, il est ensuite répété par bien d‘autres. Saint Thomas d’Aquin en donnera une traduction équivalente, lorsqu’il dira que l’âme est dans le monde ‘continens magis quam contenta’, et nous le retrouverons encore dans la bouche de notre Bossuet »[1].

Ce long passage méritait d’être cité entièrement tant il est important pour notre sujet. Les sciences humaines sont également appelées les ‘humanités’. Au XVe siècle, umanista désigne les professeurs des langues classiques et de la littérature, où le génie humain se manifeste de façon particulière. L’humanisme de la Renaissance est une exagération de la pensée de la grandeur de l’homme qui croit devoir supprimer toute référence à Dieu pour faire plus de place à l’humain, l’homme, et l’homme seul, devenu la mesure de toute chose. Cette erreur très néfaste a au contraire conduit à l’asservissement moderne de l’homme. Les idées ont le pouvoir de libérer comme d’asservir les hommes, par les justifications qu’elles fournissent à l’action politique. Dans le Levain de la Liberté, Denis Lensel décrit l’effet des grands systèmes de pensées formulés au XIXe siècle et ayant sévi tout au long du XXe siècle. L’influence de la Crainte sur la pensée humaine doit être maintenue. L’homme ne tient sa valeur que de Dieu. Sans Dieu, il est poussière et retournera à la poussière. Le Mercredi des Cendres ouvre la quatrième période de l’Anne liturgique. Tout le Carême est dominé par la prise de conscience que l’homme n’est rien sans Dieu, l’ordre de la nature étant ici conçu comme le signe de la contrainte exercée sur l’homme par la volonté de Dieu, notre maître. Pâque est dominé par la victoire du ressuscité sur l’ordre ancien de la mort. Les sciences sociales ‘sortent’ des sciences naturelles comme Pâques suit le Carême. Elles chantent la liberté créatrice du génie humain rendu capable de concevoir un autre ordre des choses, un monde meilleur. La liberté commence dans l’esprit humain et dans les rêves de progrès, idée si centrale en sciences humaines.

Le progrès est un changement irréversible vers un état meilleur, comme la Résurrection elle-même, que l’on imagine toujours définitive. Prokope[2], « progrès, avancement », est employé dans 3 versets du NT. Ph 1, 12 : « Je veux que vous sachiez, frères, que ce qui m’est arrivé a plutôt contribué aux progrès de l’Evangile ». On sait que l’Eglise progresse par la persécution de ses témoins. Saint Paul poursuit sept versets plus loin en Ph 1, 19 : « Car je sais que cela tournera à mon salut, grâce à vos prières et à l’assistance de l’Esprit de Jésus-Christ ». L’Esprit-Saint est le facteur de progrès dans la vie chrétienne. L’esprit humain est aussi facteur de progrès dans la vie des hommes. Les penseurs font entrer dans le monde des idées nouvelles, bonnes ou mauvaises, qui mettent les peuples en mouvement dans de grands élans d’enthousiasme. Ceux qui ont le courage de partager leur vision de l’aventure humaine – sous ses différents aspects correspondants aux diverses sciences humaines – transmettent à d’autres une force de changement contagieuse. La lucidité est encourageante. Elle libère des idées fausses qui nous opprimaient, car l’esclavage humain est d’abord mental. Les bons « maitres à penser » concourent au redressement du moral des hommes, et non à leur abaissement dans le désespoir. En Ph 1, 26, saint Paul montre les effets du témoignage de sa vie auprès de ses frères : « Afin que, par mon retour auprès de vous, vous ayez en moi un abondant sujet de vous glorifier en Jésus-Christ ». Ils participent à la glorification de l’homme, c’est-à-dire son avancement vers la « stature du Christ ».

Prokopto, « avancer, progresser », est employé dans 6 versets du NT, dont Lc 2, 52 décrivant les changements se produisant en Jésus à douze ans : « Et Jésus croissait (prokopto) en sagesse, en stature, et en grâce, devant Dieu et devant les hommes ». L’idée de progrès suppose un jugement de valeur porté sur la chose ou personne concernée. Jésus devient de plus en plus plaisant aux yeux de Dieu, si l’on peut dire. On devine dans ce verset toute la fierté du Père. Les idées que formulent et entretiennent les sciences humaines sont propres à chaque peuple, œuvre de la Force dans la Civilisation, et elles contribuent à le façonner de l’intérieur, à l’aider à grandir. Chaque peuple a ses élites pensantes et son esprit particulier. Il exporte ses idées chez ses voisins, pour le meilleur et pour le pire. On connait la mise en garde de Marie aux bergers de Fatima en 1917 contre les idées abominables que la Russie exporterait dans le monde entier pour le malheur d’un très grand nombre. Le communisme a été un fléau destructeur de l’idéal humain. En particulier, les Papes des temps modernes n’ont pas cessé de dénoncer l’athéisme comme incompatible avec la défense de la dignité humaine. On pourrait montrer le lien entre la Russie et l’Intelligence, et comprendre comment la mentalité de ce peuple a pu conduire à sa chute dans le communisme et ses idées néfastes pour le projet humain dans son ensemble.

Sans Dieu, l’homme n’est rien, et l’histoire récente le prouve plus que jamais. Les penseurs ont une énorme responsabilité, car ils ont la possibilité de fournir aux hommes les armes intellectuelles par lesquels ils progressent dans l’intelligence du dessein de Dieu pour eux. Rm 13, 12 : « La nuit est avancée (prokopto), le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres, et revêtons les armes de la lumière ». L’arme de la lumière par excellence est la Parole de Dieu, contenue en particulier dans la doctrine et les œuvres théologiques. Ces monuments de la Tradition s’appuient sur le travail préparatoire d’édification des sciences séculières, œuvre des aristocrates de la pensée que sont les intellectuels. Le terme d’intellectuel est né avec une connotation péjorative, mais il résume bien la noblesse attachée à l’entreprise intellectuelle[3]. Les nobles, délivrés des taches serviles, s’adonnent aux arts libéraux. « Les arts serviles (ceux de l’esclave) permettent au serviteur de survivre. Les Arts Libéraux, par contraste, apprennent à vivre. Ils forment les facultés humaines et les amènent à la perfection. Ils permettent à la personne de s’élever au-dessus de son environnement matériel et de vivre une vie intellectuelle, rationnelle et ainsi libre. Ils sont considérés comme propédeutiques, c’est-à-dire préparatoires aux études proprement supérieures ». On peut dire cela de toutes les sciences humaines par rapport au donné supérieur de la révélation.

L’idée d’élite intellectuelle est inséparable de l’histoire des sciences humaines. L’anti-intellectualisme est une attaque contre la pensée humaine et sa puissance libératrice. La vie des intellectuels, comme celle de certains prêtres de l’Eglise, est souvent décevante et peu glorieuse, mais il ne faut pas juger d’une institution par les membres qui la font vivre. Comme toutes les œuvres de la Tradition liées à la Force, les sciences humaines ont été les plus attaquées et les plus défigurées au cours de l’histoire. La puissance de Dieu rencontre sur son chemin les puissances du monde et le combat intense provoque des blessures profondes. Mais l’Esprit de Force fait de ces blessures des fontaines de grâces et les intellectuels doivent garder à l’esprit qu’ils sont eux aussi des « serviteurs inutiles ». L’hérésie donatiste fut condamne au IVe siècle. Elle niait la validité des sacrements conférés par des prêtres aillant failli sous les persécutions et renoncé leur foi. La leçon principale du son de Force est sans doute que la puissance de Dieu agit dans et à travers nos faiblesses. Un autre Donat, dans l’Antiquité, fut l’un des premiers grammairiens. La Grammaire est le premier Art Libéral, avant la Rhétorique, la Logique, l’Arithmétique, la Géométrie, l’Astronomie et la Musique. Dans la grammaire est contenue en germe l’ensemble des sciences sociales, et les intellectuels doivent avant tout savoir bien s’exprimer. Mais ils ne doivent pas entretenir par cette maitrise du langage un sentiment de supériorité morale, ni écraser les moins instruits par la force des mots, les « belles paroles » séduisantes des sophistes.

Les sciences sociales sont intrinsèquement séculières, comme les œuvres de la Culture, même si elles ont grandi un temps dans le giron de l’Eglise. Le mot ‘théologie’ les a longtemps désignées. Elles s’émancipent de l’Eglise dès le XIIe siècle (cf. la querelle entre st Bernard et Abélard). Saint Pierre Damien, au XIe siècle, a tenté de clarifier, encore et toujours, les domaines respectifs du savoir séculier et du savoir révélé[4]. Il a regretté la tendance centrifuge des sciences humaines désunies par « là l’entreprise d’une volonté de puissance ; ici l’arbitraire d’une opinion, fortifiée d’un raisonnement dialectique ; une violence féodale ou les pièges d’une chicane contre la science de l’Eglise ». La tentation principale des intellectuels est sans doute l’orgueil, face à Dieu et face aux hommes, alors que l’humilité devrait caractériser toute leur entreprise. « Il (saint Pierre Damien) annonce ainsi, comme l’ayant connu à l’expérience, le secret qui devrait unifier les sciences, libérales et sacrées : que les esprits ne soient plus rien pour eux-mêmes, un même Esprit sera tout en eux. ‘Que la langue folle se taise…’ ; que soit réprimée ‘l’arrogance’ de ‘l’opinion’ ; rejetés ces artifices dont la logique bâtit l’arbitraire en ‘nécessaire’ ; les sciences reviendront d’elles-mêmes à l’unique ‘science vraie’. Elles reconnaitront, chacune sous une forme particulière, selon son objet, la Loi ou le lien vital qui unit toutes les créatures ; elles participeront, comme l’esprit contemplatif lui-même, à l’unique Sagesse qui produit tout »[5]. S’il faut se méfier de la ‘science qui enfle’ et de la ‘lettre qui tue’, il ne faut pas la traiter en ennemie pour autant et sombrer dans l’anti-intellectualisme. Il faut l’aborder avec amour, courage et humilité, ce que la Force nous permet de faire. Il faut aimer les sciences séculières comme Dieu aime la servante Hagar, première femme d’Abraham. Elles sont souvent présentées comme des servantes de la foi. Elles font progresser l’homme, mais jusqu’à un certain point seulement. La science sacrée poursuit et achève le travail de la science profane.

La pensée est ce qui entre en l’homme et le fait agir. Elle se présente à lui comme une puissance interne. Ennoia, « pensée », est employé dans 2 versets du NT. He 4, 12 : « Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments (enthumesis) et les pensées (ennoia) du cœur ». Saint Paul fait de la pensée une arme. 1 P 4, 1 : « Ainsi donc, Christ ayant souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée. Car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché ». La parole de Dieu, l’Evangile, doit être compris puis utilisé comme une arme contre les attaques incessantes des logismoi, les mauvaises pensées. La doctrine chrétienne, œuvre de la Force dans la Foi, est cette arme ou armure puissante, offensive et défensive. Dans notre esprit se joue un combat entre l’erreur et la vérité. Les intellectuels qui élaborent les sciences sociales doivent être au service de la vérité, révélée à eux de façon voilée et imparfaite par le don de Crainte, génie de la Culture. C’est la révélation ‘naturelle’. Les théologiens, eux, sont les intellectuels éclairés par la lumière de la révélation, la parole de Dieu. Ils mettent leur esprit au service de la défense de la Foi et de la Tradition dans son ensemble. Au cœur de la théologie se trouve la parole (logos) de Dieu (theo). Ces pensées ont leur siège dans la faculté d’intelligence qu’on appelle l’esprit, nous en grec. Les intellectuels ont le loisir et le luxe de pouvoir exercer la vie de l’esprit.

Les sciences sociales sont les sciences de l’esprit et s’appellent les Geiteswissenschaften en allemand. On les appelle aussi les sciences humaines, les arts, les humanités, les lettres, la philosophie, la culture, etc. Nous est employé dans 22 versets du NT et signifie  « esprit, sens, entendement,  pensée, intelligence, bon sens ». L’intelligence ne sert Dieu que si elle agit en conjonction avec le don de Crainte qui donne le sens de l’éternel, du sacré, du surnaturel. Notre intelligence doit être renouvelée par la réception de l’Esprit Saint qui vient habiter et œuvrer en nous par la Force. Rm 12, 2 : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence (nous), afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ». La vérité vient résider dans notre esprit, et rend l’homme fort. Rm 14, 5 : « Tel fait une distinction entre les jours ; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit (nous) une pleine conviction ». Il est intéressant de voir saint Paul associer le chiffre cinq à ce qui sort de notre intelligence, en 1 Co 14, 19 : « Mais, dans l’Eglise j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence (nous), afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue ».

Instruire, c’est édifier, construire, solidifier, fonder dans la vérité. En 1 Tm 6, 5, Paul nous met en garde contre la corruption de l’intelligence, comme tant d’autres après lui (saint Bernard et Luther par exemple) : « Les vaines discussions d’hommes corrompus d’entendement (nous), privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain ». Ce verset est précédé d’une bonne description des ‘mauvais’ intellectuels de tous les temps aux yeux du Magistère. 1 Tm 6, 3-4 : « Si quelqu’un enseigne de fausses doctrines, et ne s’attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, (4) il est enflé d’orgueil , il ne sait rien, et il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons ».

Parmi les nombreuses sciences sociales, citons : les sept arts libéraux, l’histoire-géographie, la philosophie, la science politique, la science economique, les humanités.

NOTES

[1] Henri de LUBAC. Le Drame de l’humanisme athée. Cerf, 1999.

[2] Le Café Procope est un café parisien, rendez-vous d’écrivains illustres, intellectuels ‘libres penseurs’, aux XVIIe et XVIIIe siècle, c’est-à-dire au moment où la pensée occidentale traversait ce que Paul Hazard a appelé la « crise de la conscience européenne ».

[3] Louis BODIN. Les intellectuels. Que sais-je ? PUF, 1962.

[4] André CANTIN. Les Sciences Séculières et la foi. Les deux voies de la science au jugement de S. Pierre Damien. Spoleto, 1975.

[5] Op.cit. Page 30.

Légende photo : Ecole Normale Supérieure, Paris