12. Aphiemi « pardonner, laisser ».

« Jésus répondit : Je vous le dis en vérité, il n’est personne qui, ayant quitté, à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres » (Mc 10, 29).

Aphiemi est employé dans 133 versets du NT. Il signifie « répudier, laisser, quitter, abandonner, mais aussi pardonner, laisser faire, ne pas résister ». Il est forme de apo, « de, loin, depuis », et eiemi, « aller ». Il traduit l’anglais to let. Dans le Notre Père de Mt 6, 12, il désigne l’acte de pardonner : « Pardonne-nous nous offenses, comme aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Pardonner, c’est laisser aller en liberté. Tout le monde n’est pas capable de pardonner, ni même autorisé à le faire. Les pharisiens se scandalisent du fait que Jésus prétende pardonner les péchés des hommes. Mt 9, 5 : « Car, lequel est le plus aisé, de dire : Tes péchés sont pardonnés ou de dire : Lève-toi et marche ? ». Cette question de Jésus montre le lien intime entre le pardon et la puissance ainsi libérée. Notre salut est la conséquence du pardon de Dieu, de sa miséricorde. Aphiemi désigne également l’acte de tout laisser pour entrer dans la vie chrétienne. Mt 19, 29 : « Et quiconque aura quitté à cause de mon nom, ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, ou ses maisons, recevra le centuple, et héritera de la vie éternelle ». Quand on quitte la terre, on laisse des choses et des gens derrière soi. Lc 5, 11 : « Et, ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent ».

Laisser partir quelqu’un est un acte positif  par lequel nous le libérons de la culpabilité d’être parti. Car la culpabilité nous enchaine. La bénédiction des parents au moment où l’enfant quitte la maison est un acte puissant par lequel les parents libèrent leurs enfants des liens qui les retenaient en arrière. C’est le ‘vis ta vie !’, et non celle que nous avions imaginée pour toi. Chacun doit passer d’une paternité naturelle à une paternité divine. Laisser, c’est permettre. Le pardon de Dieu nous rendre capables d’entrer dans sa compagnie.

Légende : St Pierre est libéré de ses chaines par l’Ange du Seigneur