13. Psycho « vie, âme ».

« Nous aurions voulu, dans notre vive affection pour vous, non seulement vous donner l’Evangile de Dieu, mais encore nos propres vies (psycho), tant vous nous étiez devenus chers » (1 Th 2,

Les martyrs donnent leur vie à Dieu. Le mot grec utilisé ici pour désigner la vie est psycho, aussi traduit par âme. Le don de Conseil sanctifie les hommes par les œuvres qu’il leur fait accomplir tout au long de leur passage sur terre, dans leur « vie ». La vie humaine doit être occupée aux œuvres du salut et cette consécration est un don de soi. Plus l’amour de Dieu nous envahit, et plus nous aimons les hommes. Ces deux amours sont inséparables et grandissent ensemble. Plus nous aimons les hommes et plus nous sommes prêts à perdre notre vie pour eux, ce qui est le signe véritable de l’amour, comme nous le dit Jésus en Jn 15, 13: « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ». On connait la difficulté de Pierre à suivre Jésus jusqu’au don de sa vie, comme celui-ci le lui prédit lui-même : « Jésus répondit : Tu donneras ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renie trois fois » (Jn 13, 38). Jésus nous a montré le chemin de la sainteté, lui qui a donné sa vie pour les pécheurs. Mt 20, 28: « C’ est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie (psyche) comme rançon de plusieurs ». Le saint est celui qui ne craint pas la mort. Le Conseil fait croître les vertus, qui vertus nous permettent de vivre comme des saints, c’est-à-dire d’accomplir en tout temps et en tout lieu la volonté de Dieu, jusqu’au martyr s’il le faut. Volonté et mort sont deux thèmes importants liés au Conseil. Le thème du don de sa vie est aussi lié à l’Intelligence, comme on le voit dans Jn 10, 11 : « Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis’ » L’Intelligence nous fait comprendre que nous devons perdre notre vie pour la gagner. C’est en Mt 10, 39 que cette vérité centrale du christianisme nous est expliquée : « Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera ».

L’âme peut être considérée comme le moyen terme entre le corps et l’esprit, comme le Conseil est placé « entre » la Force et la Sagesse. Sa fonction est de relier le corps à l’esprit en un tout organique, l’être humain, temple du Dieu Trinitaire. L’âme possède comme premier attribut de se connaitre elle-même : c’est le tribunal de la conscience de soi qu’informe le don de Conseil, le lieu d’exercice du libre-arbitre humain. Par l’âme humaine, la création avance vers son achèvement de façon consciente et libre. En elle se déroule la coopération consciente de l’homme et de Dieu qu’orchestre le don de Conseil[1]. Dieu propose, mais l’homme dispose, pour son bonheur ou son malheur. L’âme doit se revêtir des bonnes habitudes que sont les vertus afin d’être digne d’entrer dans les noces de l’Agneau. L’âme est la pâte (Conseil) que le levain (Force) de l’Esprit vient travailler et ses facultés en sont transformées. La Force travaille le corps, le Conseil travaille l’ame et la Sagesse travaille l’esprit.

[1] Le De Anima de Tertullien est le premier traité chrétien sur l’âme.

Légende image : Le Christ recueillant l’âme de Marie Madeleine (retable de Perella, peint par Bernat Martorell, 1427-1452). / PHAS/UIG via Getty Images