16. Peripateo « marcher ».

« De marcher d’une manière digne de Dieu (theos), qui vous appelle à son royaume et à sa gloire » (1 Th 2, 12).<br />

La marche est un thème lié aussi bien à la Connaissance qu’au Conseil. La Connaissance de Dieu nous est donnée de façon très progressive, car notre esprit doit être transformé d’étape en étape jusqu’à ce que nous puissions dire avec St Paul en 1 Co 2, 2 : « Car je n’ai pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié ». Cette connaissance est la connaissance la plus essentielle, l’évènement le plus important de l’histoire humaine, qui explique tout et rend tout possible. C’est « la plus belle histoire jamais racontée » comme le dit un film américain sur la vie de Jésus[1]. Le caractère progressif de l’acquisition de la foi est un thème de prédilection de saint Bonaventure, qui a écrit un Itinéraire de l’esprit à Dieu. L’école est le lieu d’un parcours scolaire bien établi que les enfants doivent suivre afin d’avancer dans leur apprentissage des différents domaines du savoir. Il en est de même dans la vie chrétienne toute entière. Le verbe grec utilisé ici est peripateo, que l’on rencontre dans 89 versets du NT. Jésus-Christ est Dieu venu marcher parmi nous. La Crainte nous sort de notre confort d’origine (naturel, familial, national, etc.), et nous ‘jette’ sur les chemins de la connaissance à la recherche de ce Dieu mystérieux qui nous a appelés dans la nuit de notre ignorance.

[1] The Greatest Story Ever Told, 1965, du réalisateur George Stevens

Comme l’humanité dans son ensemble, le paralytique est immobilisé par son infirmité. Jésus le libère et il se met en route. Jn 5, 9 : « Aussitôt cet homme fut guéri ; il prit son lit, et marcha ». Jésus est venu afin que nous ne marchions plus sur les pas des pécheurs qui ne savent pas où ils vont et font les œuvres du mal, au mieux sans le savoir, mais selon l’Esprit qui nous a été donné. Ga 5, 16 : « Je dis donc : marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair ». Ce beau verset est dans le cinquième chapitre, car c’est la Force qui fait circuler le sang de l’Esprit Saint dans notre corps tout entier. Alors seulement pouvons-nous quitter notre conduite ancienne que Paul décrit en Ep 2, 2: « dans lesquels vous marchiez (peripateo) autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion ». Un peu plus loin, le verset Eph 5, 2, nous rappelle que la charité est un autre nom de l’Esprit, et marcher « selon » l’Esprit est synonyme de marcher « dans la charité » : « et marchez (peripateo) dans la charité, à l’exemple du Christ, qui nous a aimés, et qui s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme offrande et un sacrifice de bonne odeur ». La mention du sacrifice de Jésus-Christ est la marque du don de Force, clé de ce cinquième chapitre, et de l’Epitre aux Ephésiens dans son ensemble, la cinquième de la première série d’épitres.

Légende photo : Saint Benoit-Joseph Labre, le vagabond de Dieu