25. Kateuthuno « diriger, rendre droit »

« Que Dieu lui-même, notre Père, et notre Seigneur Jésus, aplanissent (kateuthuno) notre route pour que nous allions à vous ! » (1 Th 3, 11).

Kateuthuno n’est utilisé que trois fois dans le NT, et désigne le fait de « rendre droit, guider, diriger ». En Lc 1, 79 : « Pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour diriger nos pas dans le chemin de la paix » et en 2 Th 3, 5 : « Que le Seigneur dirige vos cœurs vers l’amour de Dieu et vers la patience de Christ ! ». L’Intelligence redresse nos vies et les oriente vers leur finalité, qui est la vie en Dieu. Dans un de ses deux emplois, le mot euthuno désigne un timonier qui garde la barre du navire : Jac 3, 4 : « Voici mêmes les navires, qui sont si grands et que poussent des vents impétueux, sont dirigés par un très petit gouvernail, au gré du pilote (euthuno) ». Notre intelligence doit être aux commandes de notre navire propre. Ce mot vient d’un autre mot, euthus qui exprime la « droiture », en particulier appliqué au chemin. 2 P 2, 15 : « Après avoir quitté le droit (euthus) chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l’iniquité » ou encore Ac 13, 10 : « Homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice, ne cesseras-tu point de pervertir les voies droites (euthus) du Seigneur ? ». L’Intelligence redresse ce qui est tortueux (Lc 3, 5). Elle fournit les principes selon lesquels l’homme peut marcher dans la justice, un thème très clairement lié à l’Intelligence. Dieu donne à l’homme un cap, une direction générale. Mais l’homme a une marge de manœuvre qui lui permet de choisir les mille et un chemins qui le conduiront à destination. Le lien entre la contrainte et la liberté dans chaque vie humaine est le fruit de la collaboration de l’Intelligence et du Conseil. L’Intelligence donne une vision générale de la route à suivre. Le Conseil construit cette route au fur et à mesure, en sachant que les lignes droites n’existent que dans l’intelligence théorique de l’homme, et non dans la nature où l’homme déploie son action concrète, son intelligence pratique. Ac 9, 11 : « Et le Seigneur lui dit : lève-toi, va dans la rue qu’on appelle la droite, et cherche, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse ».