3. Agape « charité ».

« Nous rappelant sans cesse l’œuvre de votre foi, le travail de votre charité, et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus-Christ, devant Dieu notre Père » (1 Th 1, 3

Ce verset est le parfait complètement du précèdent, comme la Piété est le complétement de la Connaissance. Ces deux dons travaillent en étroite collaboration. La Piété nous fait garder jalousement ce que la Connaissance nous révèle comme précieux et digne d’être conservé. La Connaissance entretient notre charité, car on ne peut aimer que ce que l’on connait. Le rapport entre la Connaissance et la Piété est le même que celui de la lettre à l’esprit. La prière fervente fait que la foi ne demeure pas lettre morte. Comme le dit Paul, par l’amour de la foi que la Piété entretient en nous, notre foi produit de bonnes œuvres, qu’il appelle « le travail de votre charité ». L’Apostolat, œuvre de l’Intelligence, découle de la Prière, œuvre de la Piété, comme nous le rappelle Jean-Baptiste Chautard[1]. Le mot qui ressort de ce verset est celui de charité, agape, un thème lié par excellence à la Piété, comme ceux de « chair », « chaire » et « cher ». L’amour est un autre nom de l’Esprit-Saint, et avoir la charité en soi, c’est avoir l’Esprit. Saint Séraphin de Sarov dit que la finalité de la vie chrétienne est l’obtention de l’Esprit-Saint, car sans son habitation en nous, nous sommes vides de Dieu, hors Dieu seul peut relier sa création à lui et la soutenir dans l’être, la garder vivante. Le Saint-Esprit est le pont vivant entre Dieu et l’homme, et ce pont doit être ancré dans notre âme. Les actes liturgiques ont pour objet de faire venir le Saint-Esprit en nous, et de faire en sorte, par nos prières et notre droiture, qu’il daigne y demeurer. La pire chose qui puisse arriver à l’homme, c’est d’attrister l’Esprit, c’est-à-dire de le faire partir.

Paul insiste sur l’importance de la charité dans ce verset souvent cité : « Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûle, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien » (1 Co 13, 3). Le chrétien, c’est-à-dire l’oint qui porte l’Esprit du Christ en lui, doit être fondé sur cette présence active de l’Esprit. Ep 3, 17 : « En sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour ». Voilà l’état que nous devons rechercher, la finalité du combat spirituel, car les forces du mal cherchent sans cesse à troubler la paix intérieure que l’Esprit vient y mettre. Ce thème capital mériterait un plus long traitement. Terminons avec 1 Cor 16, 24 : « Mon amour est avec vous tous en Jésus-Christ ». Remarquons le lien entre la connaissance du Fils (chapitre 16) et la charité (verset 24).

NOTES

[1] Jean-Baptiste CHAUTARD. L’âme de tout Apostolat. Artège, 2010.

 

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