35. Thelema « volonté ».

<br /> « Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ » (1 Th 5, 18).<br />

Le don de Sagesse nous fait juger toutes choses à la lumière de la volonté de Dieu. Cette volonté s’accomplit toujours, et la Sagesse, qui nous fait regarder dans leur ensemble les œuvres réalisées par Dieu seul (la nature) ou par Dieu et les hommes (la culture), nous fait contempler cet accomplissement. La Connaissance nous révèle la volonté de Dieu sous la forme de promesses. L’Intelligence nous la révèle sous la forme de commandements et le Conseil sous la forme de conseils. La Sagesse le fait sous sa forme réalisée dans les œuvres humano-divines. La finalité de l’histoire sainte est la communion de tous les hommes en Dieu, c’est-à-dire unis dans les liens du même amour qui unit la Trinité elle-même. Cette communion est rendue visible par cette humanité une que l’on décrit sous le nom de Civilisation, et que nous considérons comme l’œuvre de la Sagesse. C’est il nous semble, l’une des quatre façons de considérer l’Eglise. Rendre grâce pour toutes choses signifie que l’on voit Dieu à l’œuvre dans tout ce qu’il nous arrive. La Sagesse, qui couronne l’œuvre des six premiers dons, étend cette action de grâce à « toutes » (pas) choses, et pas seulement à ce qui nous concerne.

Le sens de la totalité est l’opération de la Sagesse en nous. Cette largeur de vue nous fait entrer dans la vision définitive, où tout sera vu en Dieu, car tout est en Dieu. Cette vision sera une cause permanente d’actions de grâce. Le mot grec pour volonté est ici thelema, utilisé dans 59 versets. En Mt 7, 21, Jésus nous dit que la vie éternelle n’est acquise que par ceux qui font la volonté de Dieu. Seul subsistera ce qui sera conforme à sa volonté, ce qui n’est pas le cas de ce temps présent, où le mal (le non conforme à la volonté de Dieu) a encore le droit de cité : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux ». Un peu plus loin, Jésus nous précise en quoi consiste la volonté de Dieu, et répond, par avance aux mauvaises conceptions concernant la prédestination. Certains considèrent que le salut n’est offert qu’à certains seulement, les « choisis ». Tel n’est pas le cas. Mt 18, 21 : « De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits ». Tous les hommes sont appelés au salut. Au moment d’entrer dans la souffrance de sa passion, Jésus rappelle le critère essentiel de jugement de toute vie humaine, qui est d’accomplir la volonté de Dieu : « Il s’éloigna une seconde fois, et pria ainsi : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite » (Mt 26, 42).

La Sagesse effectue une réunion de famille en nous révélant à nous-mêmes sous notre vraie lumière d’enfants adoptifs de Dieu. Telle est notre vocation, notre destination. En Mc 3, 35, Jésus nous précise les conditions d’appartenance à cette famille des enfants de Dieu : « Car, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, et ma mère ». En Ac 21, 14, les amis de Paul, le parfait Apôtre, se résignent à le voir souffrir pour l’annonce de l’Evangile : « Comme il (Paul) ne se laissait pas persuader, nous n’insistâmes pas, et nous dîmes : Que la volonté du Seigneur se fasse ! ». En Ac 22, 14, Paul raconte le moment de son histoire où, ayant recouvert la vue, le pieux Ananias lui dit : « Il dit : Le Dieu de nos pères t’as destiné à connaitre sa volonté, à voir le Juste, et à entendre les paroles de sa bouche ». Dans ce verset de He 10, 7, Paul prête à Jésus ces paroles : « Alors j’ai dit : Voici, je viens. Dans le rouleau du livre il est question de moi, pour faire, ô Dieu, ta volonté ». Ce rouleau est une figure du Nouveau Testament, œuvre de la Piété dans la Foi. Tout le NT a pour objet l’incarnation de Jésus-Christ par qui le salut du monde est rendu possible. Terminons avec 1 Jn 5, 14 qui nous rappelle que tout ce que nous demandons à Dieu de conforme à sa volonté nous est accordé : « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ». Mais l’homme doit comprendre qu’il lui faut demander, car cette demande est une expression de notre foi et un acte de notre intelligence qui a compris et accepté les lois de la justice divine.