Saint Joseph de Cupertino, le saint volant

5. Epano « Au-dessus ».
Présentation générale du don de Force

Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tout ; celui qui est (on) de la terre est de la terre, et il parle comme étant de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous (Jn 3, 31).

Le Saint Esprit nous fait renaitre d’en haut, c’est-à-dire qu’il refonde notre être en Dieu, afin de nous faire vivre de lui-même, lui qui est Dieu. Après la mort à cette vie ancienne dont l’Intelligence nous fait comprendre et accepter la nécessité, l’homme entre dans une vie nouvelle soutenue par la présence active et toute puissante de l’Esprit-Saint. C’est l’œuvre du don de Force, qui suit immédiatement le don d’Intelligence. En effet, la Force de Dieu est donnée aux hommes droits qui s’engagent à consacrer leur existence à la réalisation de la volonté de Dieu, « sur la terre comme au ciel ». La Pentecôte, qui suit la Pâque du Christ, est l’envoi de l’Esprit de puissance. Il vient du ciel et répand la vie de Dieu sur toute chair. L’homme nait de nouveau et est dit ‘spirituel’ (pneumatikos) et non plus seulement charnel (psychikos). Cette opposition est développée par saint Paul dans ses Epitres. L’homme spirituel a été refondé en Dieu. Il tient son être de Dieu, et ce à chaque instant de sa vie. L’Esprit Saint le soutient dans cette vie nouvelle comme la nature nous soutenait dans la vie ancienne. La nature n’est pas supprimée, mais « élevée » comme le dit une longue tradition. Greffé à la nature, le spirituel y agit, comme le levain dans la pâte, et les deux dimensions œuvrent de pair. C’est le propre du Saint-Esprit que d’unir le ciel et la terre, Dieu et sa création, le spirituel et le naturel, etc. Chacun des sept dons nous fait méditer sur le lien entre l’action de Dieu et l’action de l’homme. Il ne faut pas séparer ce que Dieu a uni, et l’esprit chrétien doit s’habituer à penser les couples dans leur dynamique de coopération. Le Conseil, en particulier, fait fructifier cette coopération.

Epano, « au-dessus, sur », est employé dans 18 versets du NT. Mt 5, 14 : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur (epano) une montagne ne peut être cachée ». Lc 19, 19 : « Il lui dit : Toi aussi, sois établi sur cinq villes ». Lc 10, 19 : « Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire ». Marie écrase la tête du serpent. Cette verité importante nous est rappelée par David Michael Lindsey dans The Woman and the Dragon, La femme et le Dragon [1]. Dieu a fait d’une femme l’arme de sa toute puissance : Il a donné à Marie le pouvoir de vaincre les forces du mal. Ceci est annoncé en Gn 3, 15 : « Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon ». Si nous nous faisons la descendance de Marie, alors nous la laissons être véritablement la « médiatrice de toutes les grâces », et, à ce titre, exercer un sacerdoce puissant au ciel, à côté du grand prêtre Jésus-Christ. Elle est la Reine du ciel et toute la création lui est soumise. Le Couronnement de Marie est le cinquième mystère glorieux. Marie reine du Ciel se tient à la droite de son Fils. Le chapitre 12 de l’Apocalypse nous montre Marie exterminatrice des ennemis de Dieu. Nous devons nous ranger en armée derrière la plus terrifiante des ennemis du diable, qui ne peut rien contre elle[2]. Aucun combat contre les forces du mal ne peut être entrepris en dehors de la protection de notre ‘générale’ la Sainte Vierge. De nombreux titres de Marie la relient à la Force : Marie Reine miséricorde[3], Marie médiatrice de toutes les grâces[4], Notre-Dame du Bon Secours[5], Notre Dame Aide des Chrétiens[6], Notre-Dame des Douleur, etc. Marie est co-rédemptrice. Le magistère ordinaire de Pie XII authentifia la co-Rédemption. « Marie était là, debout, au pied de la Croix » (Jean 19, 25). St Jean est le seul disciple masculin présent au calvaire. Les femmes crurent en Jésus et ne l’abandonnèrent pas, comme firent les apôtres : elles eurent le courage de venir et de rester près de la Croix. Selon Mt 27, 56 et Mc 15, 40, les femmes-disciples se tenaient à distance, tandis que Marie se tenait près de la croix (para stauro), à portée de la voix de Jésus pour recueillir ses dernières paroles. Dans l’arcane du Tarot la Force, la femme dompte la bête, les pieds sur la tête du serpent.

Epano, « au-dessus, sur », est employé dans 18 versets du NT. Mt 5, 14 : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur (epano) une montagne ne peut être cachée ». Lc 19, 19 : « Il lui dit : Toi aussi, sois établi sur cinq villes ». Lc 10, 19 : « Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire ». Marie écrase la tête du serpent. Cette verité importante nous est rappelée par David Michael Lindsey dans The Woman and the Dragon, La femme et le Dragon [7] Dieu a fait d’une femme l’arme de sa toute puissance : Il a donné à Marie le pouvoir de vaincre les forces du mal. Ceci est annoncé en Gn 3, 15 : « Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon ». Si nous nous faisons la descendance de Marie, alors nous la laissons être véritablement la « médiatrice de toutes les grâces », et, à ce titre, exercer un sacerdoce puissant au ciel, à côté du grand prêtre Jésus-Christ. Elle est la Reine du ciel et toute la création lui est soumise. Le Couronnement de Marie est le cinquième mystère glorieux. Marie reine du Ciel se tient à la droite de son Fils. Le chapitre 12 de l’Apocalypse nous montre Marie exterminatrice des ennemis de Dieu. Nous devons nous ranger en armée derrière la plus terrifiante des ennemis du diable, qui ne peut rien contre elle[8]. Aucun combat contre les forces du mal ne peut être entrepris en dehors de la protection de notre ‘générale’ la Sainte Vierge. De nombreux titres de Marie la relient à la Force : Marie Reine miséricorde[9], Marie médiatrice de toutes les grâces[10], Notre-Dame du Bon Secours[11], Notre Dame Aide des Chrétiens[12], Notre-Dame des Douleur, etc. Marie est co-rédemptrice. Le magistère ordinaire de Pie XII authentifia la co-Rédemption. « Marie était là, debout, au pied de la Croix » (Jean 19, 25). St Jean est le seul disciple masculin présent au calvaire. Les femmes crurent en Jésus et ne l’abandonnèrent pas, comme firent les apôtres : elles eurent le courage de venir et de rester près de la Croix. Selon Mt 27, 56 et Mc 15, 40, les femmes-disciples se tenaient à distance, tandis que Marie se tenait près de la croix (para stauro), à portée de la voix de Jésus pour recueillir ses dernières paroles. Dans l’arcane du Tarot la Force, la femme dompte la bête, les pieds sur la tête du serpent.

De même que Marie a été élevée au-dessus de toutes les créatures par son Immaculée Conception, anticipation de la gloire du ciel à venir, de même la nature est élevée, dans son fonctionnement, par le don de Force. Comme Marie, la création devient pleine de grâce, c’est-à-dire qu’elle est travaillée de l’intérieur par la présence sanctifiante du Saint-Esprit. La grâce élève la nature nous dit St Thomas, Docteur de la grâce. L’entrée de la grâce dans la nature chasse le péché. C’est ce que le don de Force opère, de façon fulgurante, comme on fait fuir des armées ennemies. Mais ce levain doit encore faire lever la pâte, patiemment, et cela est opéré par le don de Conseil, qui accompagne et régule tous les lents processus de transformation. L’œuvre du surnaturel dans la nature est à la fois instantanée et progressive.

L’hébreu Geburah, « force, puissance, vigueur, vainqueur, exploit, vaillance », est employé dans 59 versets de l’AT. Job 12, 13 : « En Dieu résident la sagesse (chokmah) et la puissance (geburah). Le conseil (etsah) et l’intelligence (tabuwn et) lui appartiennent ». Tabuwn et, « intelligence », « raisonnement », « bon sens », vient de biyn. On retrouve dans ce verset les quatre derniers dons. Geburah est le don de la puissance de Dieu, qui se manifeste par des faits extraordinaires et victorieux. Jb 26, 14 : « Ce sont là les bords de ses voies. C’est le bruit léger qui nous en parvient ; mais qui entendra le tonnerre de sa puissance (geburah)? ». Le cheval est le symbole de la force physique, gouvernée par la Force. Il doit être dompté par le cavalier, symbole de la force morale gouvernée, elle, par le Conseil. Job 39, 19 : « Est-ce toi qui donne la vigueur (geburah) au cheval, et qui revêt son cou d’une crinière flottante’ ? » Les cheveux, comme les chevaux, symbolisent la Force. L’histoire de Samson aux sept tresses, les sept dons, en est une illustration.

Geburah est employé deux fois dans le livre des Juges. Jg 5, 31 : « Périssent ainsi tous tes ennemis, ô Eternel ! Ceux qui l’aiment sont comme le soleil, quand il parait dans sa force. Le pays fut en repos pendant quarante ans ». Ce verset évoque le lien entre la Piété et la Force. Par l’amour de Dieu que la Piété nous communique, nous libérons sa puissance salvatrice qui vient mettre fin aux puissances des ténèbres. La Pentecôte est préparée par les prières des apôtres au Cénacle.

La doctrine, œuvre de la Force dans la Foi, contient tous les mystères de la puissance de Dieu, les exploits de sa Force. 1 R 16, 5 : « Le reste des actions de Baescha, ce qu’il a fait, et ses exploits (geburah), cela n’est-il pas écrit dans le livre des Chroniques des rois d’Israël ? ». Les rois ont reçu l’onction de Dieu, c’est-à-dire la puissance de l’Esprit Saint. Par la victoire de Jésus-Christ sur la Croix, cette onction est obtenue pour tous les hommes qui s’engagent, par l’Intelligence, dans l’armée du Christ. Le Psaume 54 commence par une prière à la puissance de Dieu. Ps 54, 3 : « Dieu, sauve-moi par ton nom et rends-moi justice par ta puissance ». La Force est le don du salut. Nous verrons qu’elle fait descendre et demeurer sur nous la grâce de Dieu. Ps 145, 12 : « Pour faire connaitre aux fils de l’homme ta puissance et la splendeur glorieuse de ton règne ». En Es 36, 5, le prophète fait le lien entre les deux dons inséparables que sont la Force et le Conseil, par lesquels nous accomplissons la volonté de Dieu: « Je te le dis, ce ne sont que des paroles en l’air : il faut pour la guerre de la prudence et de la force. En qui donc as-tu placé ta confiance, pour t’être révolté contre moi ? ».

La Force est une expression de notre foi. Geburah vient du même mot que gibbowr, « fort, puissant, vaillant, héros, guerrier », employé dans 162 versets de l’AT. La Force fait de nous les héros de Dieu, au service de sa cause. Les héros sont hérauts de la volonté de Dieu qu’ils transmettent au monde par leur courage, malgré les obstacles multiples qu’ils rencontrent. Jg 6, 12 : « L’ange de l’Eternel lui apparut, et lui dit : l’Eternel est avec toi, vaillant (gibbowr) héros ! ». Sainte Jeanne d’Arc est la sainte de la Force. Dieu en fit une guerrière qui ne craignit pas la mort. 1 Chr 11, 19 : « Il dit : que mon Dieu me garde de faire cela ! Boirais-je le sang de ces hommes qui sont allés au péril de leur vie ? Car c’est au péril de leur vie qu’ils l’ont apportée. Et il ne voulut pas la boire. Voilà ce que firent ces trois vaillants (gibbowr) hommes ». Dans le premier livre des Chroniques, on retrouve gibbowr aux chapitres 12, 19, et 26. 1 Chr 19, 8 : « A cette nouvelle, David envoya contre eux Joab et toute l’armée, les hommes vaillants (gibbowr) ». Les associations de fidèles, œuvre de la Force dans l’Apostolat, sont les légions du Christ, descendants des guerriers d’Israël. 2 Chr 26, 12 : « Le nombre total des chefs de maisons paternelles, des vaillants guerriers (gibbowr), était de deux mille six cents », soit 26 (Force) fois cent.

Le soleil est un symbole de la puissance de Dieu. Il chasse les ténèbres. Ps 19, 5: « Et le soleil, semblable à un époux qui sort de sa chambre, s’élance dans la carrière avec la joie d’un héros (gibbowr) ». Dieu, notre époux, vient à notre secours. L’humanité, fille de Sion, est, telle Marie dans le chapitre 12 de l’Apocalypse, couronnée de douze étoiles. Les peuples sont l’œuvre de la Force dans la Civilisation. Par la Force, le peuple saint se fait serviteur de Dieu, à la suite de Marie. Il poursuit le combat spirituel déclenché par Jésus contre les forces du mal. « Comme cela est patent au moment de l’annonce de l’Ange, Marie est la « Fille de Sion par excellence » (RM 47), et en personne. Elle est seule alors à recueillir et condenser en elle-même le mystère de son peuple prêtre et prophète, serviteur et roi, qui attend ardemment la réalisation de la promesse et qui, le jour venu, accueille son accomplissement, en se mettant totalement à son service dans le ‘don total de soi’ (MD 39). Elle est le seul ‘reste’, immaculé, d’Israël. Or, « servir, c’est régner » (LG 36). Le monde ne le sait pas ! (cf. Mt 20, 25). Marie, la ‘servante’ le sait. ‘Celui qui voudra être grand parmi nous se fera votre serviteur (…). Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude’ (Mt 20, 26-28). Le ‘Peuple saint’, lui, à travers chutes et relèvements, a appris jour après jour à être ‘serviteur avec le Serviteur’, ‘sanctifiant le Nom’ du Créateur et devenant ‘bénédiction’ (cf. Gn 12, 2-3) pour tous les peuples. Tous ceux qui, grâce à lui et par Marie d’abord, accueillent leur salut, entrent dans l’Alliance nouvelle et éternelle et son bénis en Abraham. Marie, la ‘Fille de Sion’, a donné au monde Celui qui est la ‘consolation’ et la ‘gloire’ d’Israël son Peuple, et le ‘salut’ (Lc 2, 25-32) pour tous les hommes de tous les temps qui voudront L’accueillir. Jamais créature ne pourra mieux ‘servir’ l’humanité que Marie !…Ce qu’elle n’a pas fini de faire »[13]. Ce très beau texte est extrait d’un livre intitulé Ton époux sera ton créateur, expression tirée d’un verset de l’AT placé trois fois sous le signe de la Force, Es 54, 5 : ‘Car celui qui t’a faite, c’est ton époux : le Seigneur, le tout-puissant, c’est son nom ; le Saint d’Israël, c’est celui qui te rachète, il s’appelle le Dieu de toute la terre’. L’essentiel n’est-il pas dit ici sur l’œuvre de salut accomplie par la Force ?

Saint Bonaventure commence sa conférence sur le don de Force avec l’image de la femme forte, Marie. « ‘Une femme forte, qui la trouvera’ (Pr 31, 10), etc. Cette parole est écrite dans le livre des Proverbes. Sans doute, elle est dite pour recommander l’Eglise mère et spécialement pour recommander la Vierge glorieuse. Dans cette parole, elle est recommandé par trois choses ; premièrement, par la vigueur de la force spirituelle, deuxièmement, par la fécondité de la conception surnaturelle, et troisièmement, par le discernement du conseil salutaire »[14]. Nous pensons voir dans ce ternaire bien bonaventurien les dons de Force, d’Intelligence et de Conseil respectivement. En effet, la conférence sur la fécondité de la conception surnaturelle est développée en la fête de l’Annonciation, le 25 mars 1268. Il y est question du rachat de l’humanité par Jésus sur la Croix, c’est-à-dire du mystère de la Rédemption. St Bonaventure cite 1 Pierre 1, 18 (Intelligence): « Sachant que ce n’est point par des choses périssable, argent ou or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre héritée de vos pères ». Le rachat s’est fait par le sang (Force) du Christ. 1 P 1, 19 : « Mais par le sang précieux, comme d’un agneau sans défaut et sans tâche, celui du Christ ». St Bonaventure, éclairé par l’Intelligence, nous fait entrer dans la logique et la justice de Dieu concernant la nécessité du sacrifice du Christ pour la rédemption des hommes. « Tel devait être le grand prix, par lequel le monde entier et tout le genre humain devait être racheté, puisque l’homme ne pouvait y satisfaire, car aucun homme ne pouvait valoir tous les hommes, ni aucune créature. Rien n’était suffisant pour racheter tout le genre humain, à moins d’avoir la nature humaine et la nature qui est au-dessus de toute créature : il fallut donc apporter (à la fois) la nature divine et la nature humaine »[15]. Ce prix fut trouvé dans le sein de la Vierge glorieuse. Marie possède en elle le prix qui n’a pas de prix, Jésus-Christ, l’homme Dieu. « Il est tiré d’elle dans l’incarnation du Verbe, il est acquitté grâce à elle dans la rédemption du genre humain, et il est possédé par elle dans l’accession à la gloire du Paradis »[16]. Bonaventure nous présente alors les trois conditions qui ont permis à Marie, la Co-Rédemptrice, de nous apporter Jésus-Christ : sa ‘pureté sans corruption’, œuvre de la Crainte ; son obéissance prompte, œuvre de la Connaissance, car elle a écouté et gardé les commandements de Dieu, contrairement à Eve la désobéissante ; son dévouement total, œuvre de la Piété. « Augustin a enseigné que le Saint-Esprit est amour, et quoi qu’il donne avec ses dons, il n’y a pas de don dont il ne puisse été séparé, si ce n’est le don d’amour. Puisque les autres vertus sont communes aux bons et aux mauvais, l’amour de Dieu et du prochain est propre aux bons et aux hommes pieux. Lui seul est ce qui sanctifie »[17]. Ayant parlé de la fécondité de Marie dans la sixième conférence, St Bonaventure passe ensuite au don de conseil, dans la septième conférence, le soir du 25 mars 1268.

Les mots grecs de la puissance dans le NT sont dunamis, energeia, exousia, ischuo, kratos. Nous les couvrirons au cours de nos autres méditations.

Ecoutons les paroles de Jésus à Sœur Marie Lataste à propos du don de Force: « Le don de force est mis dans l’âme par le Saint-Esprit, pour qu’elle résiste vigoureusement à toutes les adversités de la vie, de quelque nature qu’elles soient, pour les lui faire traverser avec fermeté et l’empêcher de succomber sous leur poids. Ce don de force se fait sentir par trois effets dans l’âme : le premier qui la porte à attaquer et à prévenir les difficultés de la vie ; le second qui la porte à tout supporter sans attaquer jamais, et le troisième à tout supporter aussi, et non pas seulement un jour, mais plusieurs années et même jusqu’à la mort. Or, vous devez remarquer, ma fille, que le don de force n’empêche pas le corps de souffrir dans les tribulations ou les tourments qu’il éprouve, mais que malgré la souffrance du corps, l’âme néanmoins peut se réjouir et être dans la joie à cause de ce qui suivra sa souffrance et ses épreuves. Vous devez remarquer encore, ma fille, que le don de force ne doit point faire dire à l’âme qui l’a reçu, que ce que le corps éprouve n’est pas un mal, n’est pas une douleur, une souffrance ; il suffit pour que le don de force opère, que l’âme ne se laisse pas aller à la tristesse, au point de quitter la voie du bien et de la vérité. Enfin, vous devez remarquer que la grâce de Dieu se fait sentir tellement quelquefois à l’âme, qu’elle oublie toutes les peines de son corps pour n’éprouver qu’une entière et complète satisfaction, ce qui lui permet de s’écrier qu’elle surabonde de joie au milieu de toutes les tribulations »[18].

NOTES

 

[1] David Michael LINDSEY. The Woman and the Dragon. Apparitions of Mary. Pelican Publishing, 2001.

[2] En 1233 (Force), Marie se constitue un Ordre religieux de mendiants, les Servites, en apparaissant à sept dévots réunis en prière dans un oratoire de Florence. Parmi les nombreux charismes de cet Ordre, on trouve celui de défenseurs de la Foi contre les attaques des hérétiques. Par ailleurs, on leur doit la dévotion aux Sept Douleurs de Marie et la première proclamation du dogme de l’immaculée conception. Joseph M Vosburgh, OSM, The Vine of Seven Branches. Stabat Mater Press, 1955.

[3] St Alphonse de Liguori prétend que c’est Marie qui, dans une vision à sainte Brigitte, se donna elle-même ce titre.

[4] La liturgie de sa fête, établie le 31 mai 1921 à la demande du cardinal Mercier, se contente dans son oraison de rappeler le concours de Marie par son intercession à la distribution des grâces.

[5] Titre donné à Marie officiellement par le Pape Pie V. Introduit dans la Litanie de Lorette en 1571 après la victoire de Lépante sur les armées turques. Il commémore aussi le rôle de Marie dans la lutte contre l’hérésie albigeois au XIIe siècle.

[6] En 1815, Pie VII établit la fête liturgique le 24 mai, après son retour sain et sauf de cinq ans de captivité à Savone.

[7] David Michael LINDSEY. The Woman and the Dragon. Apparitions of Mary. Pelican Publishing, 2001.

[8] En 1233 (Force), Marie se constitue un Ordre religieux de mendiants, les Servites, en apparaissant à sept dévots réunis en prière dans un oratoire de Florence. Parmi les nombreux charismes de cet Ordre, on trouve celui de défenseurs de la Foi contre les attaques des hérétiques. Par ailleurs, on leur doit la dévotion aux Sept Douleurs de Marie et la première proclamation du dogme de l’immaculée conception. Joseph M Vosburgh, OSM, The Vine of Seven Branches. Stabat Mater Press, 1955.

[9] St Alphonse de Liguori prétend que c’est Marie qui, dans une vision à sainte Brigitte, se donna elle-même ce titre.

[10] La liturgie de sa fête, établie le 31 mai 1921 à la demande du cardinal Mercier, se contente dans son oraison de rappeler le concours de Marie par son intercession à la distribution des grâces.

[11] Titre donné à Marie officiellement par le Pape Pie V. Introduit dans la Litanie de Lorette en 1571 après la victoire de Lépante sur les armées turques. Il commémore aussi le rôle de Marie dans la lutte contre l’hérésie albigeois au XIIe siècle.

[12] En 1815, Pie VII établit la fête liturgique le 24 mai, après son retour sain et sauf de cinq ans de captivité à Savone.

[13] Marie-Thérèse HUGUET. Ton époux sera ton créateur. Essai sur le mystère de l’alliance. Parole et Silence, 2005.

[14] Saint BONAVENTURE. Les sept dons du Saint-Esprit. Sixième Conférence. Page 112.

[15] Op. cit. Page 127.

[16] Op. cit. Page 128.

[17] Op. cit. Page 131.

[18] Soeur Marie LATASTE. Vie et œuvres complètes. Page 125.