8. Ge « terre ». Les Continents

« Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre (ge) » (Col 3, 2).

Ge, « terre, pays, peuple, contrée, lieu », est employé dans 222 versets du NT. Ge est la partie sèche de la création, entourée d’eaux. « Le Dieu vivant, qui a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve » (extrait des Ac 14, 15). C’est par terre que la foule s’assoit pour écouter Jésus. Mc 4, 1 (extrait) : « Toute la foule était à terre sur le rivage ». C’est sur la terre que Jésus écrit au moment de prendre la défense de la femme adultère, symbole de toute la création déchue. Jn 8, 8 : « Et s’étant de nouveau abaissé, il écrivait sur la terre ». Ce geste du Verbe de Dieu rappelle l’acte créateur originel. La parole de Dieu est apportée par le Fils qui a accosté à terre, venant de la barque de la Connaissance. L’ordre des dons quand il s’applique au Fils de Dieu est celui d’Esaïe 11. Il part de la Sagesse et arrive à la Crainte. On voit souvent Jésus prêcher depuis une barque (Mc 4, 1 par exemple), sur la mer, puis accoster et parcourir la terre, c’est-à-dire terminer sa descente du ciel (Sagesse) vers la terre (Crainte), en passant par la mer (Connaissance). La parole de Dieu (Connaissance) doit ensemencer la terre (Crainte). Mc 4, 8 (extrait): « Une autre partie tomba dans la bonne terre ». Lc 8, 8 (extrait): « Une autre partie tomba dans la bonne terre (ge) : quand elle fut levée, elle donna du fruit au centuple » et Lc 8, 15. Jésus est venu apporter la foi sur la terre. Lc 18, 8 fait référence à la Parousie, le retour glorieux du Christ et l’avènement de la nouvelle terre et des nouveaux cieux: « Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » . La pluie est nécessaire pour que la terre produise son fruit. De même, la Foi est nécessaire pour que la Culture produise, par l’homme, les œuvres de Dieu que sont la Prière et l’Eglise, sous ses quatre aspects

La Terre est faite de Continents, œuvre de la Crainte dans la Civilisation. Les continents sont des masses de terre séparées par des océans. Gn 8 s’ouvre avec l’apaisement des eaux du déluge qui commencent à se retirer de la terre. Le huitième jour, le premier de la Nouvelle Création, succède au septième jour, le dernier de la première création. Une nouvelle terre émerge, et l’arc en ciel, avec ses sept couleurs, vient briller entre la terre et le ciel, symbole du Saint-Esprit mais également symbole de la diversité des nations qui peupleront la terre. Gn 8, 8 (triple Crainte): « Puis il (Noé) lâcha la colombe pour voir si les eaux avaient baissé sur la surface du sol ». En Gn 8, 12, la colombe de l’Esprit ne revient plus vers Noé. Elle a trouvé dans la terre un lieu digne de sa présence. Le don de Force gouverne l’effusion de l’Esprit Saint sur toute chair. Au verset huit, le retrait des eaux de l’abîme n’est pas assez avancé et l’Esprit ne peut pas demeurer dans cette terre impure. La colombe n’a pas trouvé « où poser sa patte ». C’est au verset 13 que les « eaux découvrirent la terre ferme ». Le Conseil gouverne tous les processus de sanctification, qui prennent du temps. Marie est étroitement associée à ce don, comme nous le montrons en présentant Marie et les Apparitions mariales comme l’œuvre du Conseil dans le Magistère. Marie est la nouvelle Eve, la bonne terre sortie du déluge, le modèle de toute sainteté, les prémices de la nouvelle création. En Gn 9, 9, Dieu proclame solennellement l’établissement de son alliance avec la nouvelle création : « Je vais établir mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous ». Puis en Gn 9, 16, il présente l’arc-en-ciel, dans les nuages, comme le symbole de cette alliance : « L’arc sera dans la nuée et je le regarderai pour me souvenir de l’alliance perpétuelle entre Dieu et tout être vivant, toute chair qui est sur la terre ».

Cet arc en ciel aux sept couleurs est le symbole du Saint-Esprit septiforme, le pont entre le ciel et la terre, dont le deuxième Sacrement, la confirmation nous transmet les dons. La terre est à jamais marquée du sceau de l’Esprit qui la relie à Dieu dans une promesse de vie et d’amour. L’arc-en-ciel brille de la lumière du soleil qui perce à travers l’eau (Connaissance) des nuages (Piété). L’eau de la Foi (Connaissance) provient des nuages de la Prière (Piété), dans le mouvement divin qui va de la droite vers la gauche, c’est-à-dire de la Sagesse vers la Crainte. Nuage, nuée se dit nephele, utilisé dans 22 versets de NT. Cette nuée recouvre Jésus au moment de sa transfiguration (Mt 17, 5). La nuée dans l’AT est le symbole de l’Esprit, et conduit le peuple dans le désert. 1 Co 10, 1 : « Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer », les eaux de l’Exode, deuxième livre de l’AT. La rencontre (Piété) avec Dieu que l’on vit dans la prière s’effectue ‘dans la nuée’, c’est-à-dire dans l’Esprit-Saint. 1 Th 4, 17 : « Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur ». En Ap 10, 1, un ange descend du ciel, « enveloppé d’une nuée ». L’homme est issu de la terre (ge), et appartient à un continent particulier. Il porte dans ses gènes cette origine continentale, qui lui donne un phénotype particulier (couleur de la peau, forme des yeux, type de cheveux, forme du visage et du corps, etc.). Les races humaines, marqueur identitaire que l’on a tenté de remplacer dans le langage politiquement correct par le terme d’ethnicité, sont le signe de notre origine terrestre et donc continentale. Le corps humain rappelle à l’homme qu’il est issu de la terre (gouvernée par la lune), mais qu’il est aussi nourri par le ciel (gouverné par le soleil). L’homme est la rencontre des énergies telluriques et cosmiques. Les latins appelaient ‘sol’ le soleil.

Helios « soleil » est employé dans 32 versets du NT. Il fait souvent parti de la trilogie du « soleil, de la lune et des étoiles », réalités que l’on peut aisément lier avec les trois premiers dons respectivement. 1 Co 15, 41 : « Autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat des étoiles ; même une étoile diffère en éclat d’une autre étoile ». L’obscurcissement du soleil est une peur humaine très profonde. Mt 24, 29 : « Aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées ». Cette trinité se retrouve en Ap 12, 1 pour décrire Marie médiatrice de toutes grâces: « Un grand signe apparut dans le ciel : une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête ». Marie a parcouru dans toute sa hauteur le chemin vertical qui mène de la terre au ciel. La tradition des Vierges noires nous rappellent que Marie est tout autant reine de la terre que reine du Ciel. Le culte marial a progressivement remplacé les déesses de la terre des cultures païennes, et des basiliques dédiées à Marie ont été érigées au-dessus des lieux sacrés anciens. Les Vierges noires représentent Marie assise en majesté et tenant Jésus sur ses genoux. La mere accueille son enfant comme la terre le soleil. Le fils transforme la Vierge noire en Vierge blanche, de même que l’ancienne Création est ‘transmutée’ en nouvelle. « Le noir est la couleur de la Déesse-Terre. Celle qui doit s’associer à un principe solaire pour se régénérer. C’est pourquoi, dans le passé, Isis, Cérès, Cybèle, Déméter ou la statue de Diane d’Ephèse étaient toutes représentées en noir. Elles sont toutes des symboles de fécondité et de fertilité. Toute comme la pierre noire de la Mecque, la Kaaba (c’est-à-dire la Nubile) »[1].

Selon la légende, et elle a toute son importance dans la Tradition, le roi saint Louis fit don à la ville du Puy, en 1254, d’une statue éthiopienne rapportée de la Croisade d’Egypte et détruite à la Révolution française. On voit que Marie aime parcourir la terre entiere, son domaine. Le 25 mars 992, la fête de l’Annonciation tomba le Vendredi Saint. Le Pape Jean XV instaura un Jubilée au Puy à chaque fois que cette coïncidence se produirait. Le premier jubilé eut lieu en 1065, avec un grand succès. Le prochain est sera 2016, et le suivant en 2157. Ce sont les plus anciens jubilés après ceux de Rome et de Jérusalem. La Cathédrale du Puy s’appelle la basilique Notre-Dame de l’Annonciation. Nazareth, la ville de Marie, est un foyer d’où se repand la présence de Marie dans le monde entier. La Basilique de l’Annonciation qui s’y trouve fut consacrée par Paul VI en 1964 et est la plus grande église du Moyen Orient. En outre, à Nazareth a ouvert en 2011 le Centre International de Marie de Nazareth, musée consacré à Marie et offrant sur son site internet une carte mondiale des sanctuaires mariaux. Ce Centre est animé par une des communautés du Chemin Neuf.

La communauté charismatique du Chemin Neuf est née en 1972 à Lyon, quand deux jésuites francais recoivent le bapteme du Saint-Esprit des mains de trois americains. Autour de Laurent Fabre et de Bertrand Lepesant, un premier groupe de sept personnes s’installe au 49, Montée du Chemin Neuf sur la colline de Fourvière et vit dans le partage des biens et la prière communautaire. En cette même année 1972 commence la construction à Lyon, dans le quartier de la Part-Dieu, d’une tour de 42 étages, achevée en 1977, et dont l’architecte a voulu qu’elle atteigne la hauteur de la basilique de Fourvière (165 m de haut). Cette tour est occupée par une banque. Laurent Fabre a toujours vu un signe de la mission du Chemin Neuf dans cette coïncidence. Face aux ceux qui gardent tout pour eux, les chrétiens doivent montrer l’exemple du partage. Donner sa part du pauvre, c’est donner sa part à Dieu, et inversement. L’urbaniste à l’origine du quartier de la Part-Dieu, Charles Delfante, a écrit un livre pour reconnaitre l’échec de ce projet qui a fait du quartier ‘une ile où les profiteurs de l’immédiat seuls ont trouvé leur intérêt’[2]. Les financeurs et promoteurs immobiliers ont gagné, au détriment des habitants.

Ce cheminement improbable, de la terre au soleil, du Puy en Velay à Lyon, nous a menés au grand sujet de l’économie, science de la gestion des ressources. L’identité continentale se définit en termes économiques, au sens biblique du mot : l’ensemble des règles (nomos) de la vie dans une même maison (oikos), la planète terre. Chaque continent est une partie de la terre, avec ses écosystèmes propres, que les hommes doivent habiter et cultiver. Il doit être une communauté de partage des ressources et du fruit du travail des hommes. La conscience continentale a d’abord été formée par l’avidité d’empires conquérants venus prendre les terres des paysans, des locaux, des ‘indigènes’. Ces vagues de colonisations ont constitué un véritable viol, non seulement des peuples de la terre, mais de la nature elle-même. Notre planète est malade de ne pas avoir été respectée. La Crainte de Dieu donne aux hommes une sagesse qui conduit au respect non seulement des hommes, mais du première don que Dieu leur a fait, la nature, leur mère de la terre. L’homme moderne, privé de la Crainte Dieu, est l’homme du mépris : de la nature, de la culture, de ses parents, des autres hommes, de lui-même… En 2015, le pape François a publié une Encyclique sur la terre et l’écologie, Loué sois-tu. Elle s’ouvre avec le cantique de saint François d’Assise à la terre : « Dans ce beau cantique, il nous rappelait que notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts : Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe »[3]. Comment ne pas penser à la poésie de la ‘petite fleur’, sainte Thérèse de Lisieux, et à la beauté des différentes « couleurs » de l’humanité, donc chaque membre est une fleur sur l’herbe de la création ?

Les grands projets d’intégration continentale du XXe siècle ont pour finalité de contrer la tendance destructrice de l’hubris humaine et de rappeler aux hommes la nécessite du partage, face à l’avidité déchainée des mauvais capitalistes. Prenons l’exemple de l’Europe communautaire et du grand Robert Schuman, son ‘père’. « Samedi 29 avril 1950, Robert Schuman prend le train de Metz, à la gare de l’Est, à Paris. Dans sa grosse serviette noire, un curieux document, prophétique par son contenu et redoutable par son audace. Il y est proposé que la production de charbon et d’acier de la France et de l’Allemagne soit placée ‘sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe’ »[4]. La Crainte nous remet en présence de la ‘Haute Autorité’ du Ciel. L’Europe a commencé par la mise en commun des ressources naturelles les plus terrestres qui soient, le charbon et l’acier, fruit des profondeurs de la terre et utilisés pour faire la guerre. Leur mise ‘sous tutelle’ supranationale s’apparente à la confiscation, par un bon père de famille, des objets par lesquels ses fils ne cessaient de se battre. « La mise en commun des productions de charbon et d’acier assurera immédiatement l’établissement de bases communes de développement économique, première étape de la fédération européenne ; elle changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes. (…). La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible ». Les enfants qui ont travaillé ensemble à la production d’une œuvre commune ont créé des liens de respect et d’amitié. La maison est unie par les travaux que l’on y réalise en commun et chaque continent est appelé à devenir une économie. Lc 12, 42 : « Et le Seigneur dit : quel est donc l’économe fidèle et prudent que le maitre établira sur ces gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable ? ». 1 Co 4, 1 : « Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs de Christ, et des dispensateurs (oikonomos) des mystères de Dieu ». 1 P 4, 10 : « Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu ».

La santé de l’économie mondiale ne peut-elle pas bénéficier de l’intégration économique à l’échelle des continents ? Quel organisme régulateur de l’économie au niveau global défend les intérêts des paysans et de la nature ? Ce qu’on appelle ‘l’économie mondiale’ n’est-elle pas que la continuation du pillage des ressources de certains continents par les nouveaux empires que sont les sociétés transcontinentales privées, avec la coopération des élites locales corrompues ? Jean Ziegler, dans l’Empire de la honte, parle de « reféodalisation » du monde[5]. Dans la préface de janvier 2011 à son livre La faim dans le monde expliquée à mon fils, il résume ainsi les mesures à prendre pour mettre fin à ce fléau produit par l’homme : « Si nous nous mobilisions, nous nous organisions, nous pourrions obtenir, sans problèmes, l’interdiction du dumping agricole, de la spéculation boursière sur les aliments de base, de la destruction de la nourriture par les fabricant d’agrocarburants et du pillage, dans les pays les plus pauvres, des terres arables par les predateurs du capital financier »[6]. Les solutions des grands problèmes économiques et écologiques sont connues. Il faut la Crainte de Dieu pour les mettre en œuvre, c’est-à-dire le sens profond du bien et du mal.

L’orgueil est le premier péché capital, lié à la Crainte et l’avarice est le cinquième, lié à la Force. Les deux sont étroitement liés, le ‘moi d’abord’ conduisant au ‘tout pour moi’. Tous les organismes internationaux en charge de régler les problèmes sévissant à l’échelle planétaire devraient parler moins et prier plus, car les mécanismes qui produisent la misère sont bien connus et les solutions n’attendent plus qu’à être mises en œuvre. Mais la maladie de la planète, comme toutes les maladies, est avant tout spirituelle. Dans l’introduction de Une vision spirituelle de la crise économique, fruit du forum ‘Economie et Spiritualité’ des 10 et 11 septembre 2011, cette vérité nous est rappelée très simplement : « La crise : le système économique contemporain n’est pas éthique et la crise économique est systémique. Les équilibres sociaux et environnementaux du monde et la dignité humaine sont mis à mal par la logique financière, sur une échelle sans précèdent. L’incohérence et l’iniquité du système sont reconnues mais les ressorts économiques modernes ont pris en otage le devenir de l’humanité. Notre société de surconsommation, productiviste et financière, vampirise les hommes, uniformise les cultures et brûle la planète. L’origine de la crise : les causes de cette situation sont dans l’esprit des hommes, c’est-à-dire en chacun de nous et nous sommes conditionnés par ce système dominé par l’aveuglement, la peur et surtout l’avidité. Une avidité sans borne qui, comme toutes les passions humaines dévastatrices, doit être régulée »[7]. La bonne gestion collective de notre planète ne peut passer que par la transformation de notre rapport à la nature.

L’ardéchois Pierre Rhabi nous invite à réapprendre à voir la beauté de la nature, ce qui peut faire ressurgir en nous le sens du sacré, préalable au respect que nous lui témoignerons alors. « Nous avons fait de cette magnifique planète un casino, un supermarché et un champ de bataille. C’est terrible. Il serait temps que nous revenions justement à une véritable économie. Je crois que toute cette déviation est due au fait que l’on n’a pas intégré la dimension sacrée, qui est absolument indispensable. Un arbre, même s’il produit de l’oxygène, qu’il absorbe le carbone, qu’il régule l’atmosphère, etc. n’est pas réductible à cela. Il est beau ! Il est beauté ! Quand on regarde un arbre avec attention et gratitude, on ressent une plénitude, parce qu’il est beau. Et puis le vent chante dans l’arbre, et puis les oiseaux chantent dans l’arbre, et puis… »[8]. Michel Onfray a cette belle formule : « le sacré de l’athée, c’est le sublime ». La Crainte attire à l’autre, que cet autre soit les autres, la nature, la culture ou dieu. Elle nous sort de nos mesquineries et de nos replis sur soi. Elle lutte contre l’orgueil ancestral, source de tous les maux humains. La Crainte nous donne aussi la foi que Dieu peut vaincre le mal. Elle nous dit de ne pas avoir peur. Les sept œuvres de la Tradition liées à la Crainte ont chacun un rôle particulier à jouer pour le soulagement de l’oppression. Les Travaux entretiennent une bonne relation entre l’homme et la nature. L’AT fournit à l’homme les préceptes à suivre pour plaire à Dieu. La Prière de Jésus affaiblit les forces du mal. Les Anges nous guident et nous protègent dans tous nos projets au service du bien. Le Ciel nous obtient l’abondance des grâces surnaturelles qui rendent possible l’impossible. Les Apparitions Mariales nous montrent à chaque époque comment cheminer vers le Ciel. Les Continents, enfin, doivent donner lieu à des structures supranationales qui, idéalement, prennent la défense des faibles dans la partie du monde sous leur garde, dans leur « économie ». L’intégration continentale a pour vocation de contribuer à la libération des peuples, car l’esclavage commence toujours par une confiscation des ressources naturelles, à commencer par la plus importante : la terre des hommes, nés paysans.

NOTES

[1] Jacques BONVIN. Vierges noires, la réponse vient de la Terre. Dervy, 1988.

[2] Charles DELFANTE. La Part Dieu, le succès d’un échec. Ed. Libel, 2009.

[3] Pape FRANCOIS. Loué sois-tu. Encyclique. Bayard, Cerf, Mame, 2015.

[4] René LEJEUNE. Robert Schuman. Un père pour l’Europe. Ed. de l’Emmanuel, 2013.

[5] Jean ZIEGLER. L’Empire de la honte. Fayard, 2005.

[6] Jean ZIEGLER. La faim dans le monde expliquée à mon fils. Seuil, 2011.

[7] Collectif. Une vision Spirituelle de la crise économique. Altruisme plutôt qu’Avidité : le remède à la crise. Ed. Yves MICHEL, 2012. Page 14

[8] Op. cit. page 36.

Légende : Campagne de pub de Benetton des années1980s