9. Hustereo « priver ». Le Purgatoire

« Veillez à ce que nul ne se prive (hustereo) de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons (ano), ne produise du trouble, et que plusieurs d’en soient infectés » (He 12, 15).

Hustereo est employé dans 16 versets du NT. Il signifie « manquer de », « être privé de », « être dans le besoin ». Par sa désobéissance originelle, l’homme a perdu la connaissance de Dieu, que seul l’Esprit-Saint nous confère. L’Esprit-Saint, et le trésor de la Foi qu’il nous transmet, sont nos véritables trésors. Rm 3, 23 : « Car tous ont péché et sont privés (hustereo) de la gloire de Dieu ». En Mc 10, 21, Jésus nous rappelle que le bien le plus précieux est la Foi, car il faut suivre Jésus pour être témoin de ce qu’il dit et fait, et donc accéder à la connaissance de Dieu : « Jésus, l’ayant regardé, l’aima et lui dit : il te manque (hustero) une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi ». La prospérité véritable est la connaissance du Christ, et non l’accumulation des biens de la terre, périssables. Dans le septénaire des afflictions, la prospérité est liée à la Connaissance, entre la pauvreté et la maladie. Les riches aux yeux du monde courent de grands risques spirituels, comme la parabole du pauvre Lazare nous le rappelle. Le besoin matériel n’est pas à négliger pour autant, et les diacres ont la mission très ancienne de pourvoir aux besoins des pauvres (2 Co 11, 9), tant matériels que spirituels. Jn 2, 3 : « Le vin ayant manqué (hustero), la mère de Jésus lui dit : ils n’ont plus de vin ». Le vin (oinos) est l’un des symboles du Saint-Esprit, comme nous le rappelle Pr 9, 1-6 : « La Sagesse a bâti sa maison, elle a dressé ses sept colonnes, elle a abattu ses bêtes, préparé son vin (…). A l’homme insensé elle dit : Venez, mangez de mon pain, buvez du vin que j’ai préparé ! Quittez la niaiserie où vous vivez, marchez droit dans la voie de l’intelligence ». « Le vin nouveau a fourni l’image du renouveau spirituel qu’apporte l’enseignement de Jésus »[1]. En particulier en Mt 9, 17 : « On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, les outres se rompent, le vin se répand, et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent ». Le couple vin et outre fait écho au couple Connaissance – Piété. Le vin naturel est pernicieux et fait perdre la tête (cf. Pr 23, 31-35), c’est la mauvaise ivresse. Le vin spirituel est salutaire et conforme notre esprit à l’esprit du Christ. La Pentecôte nous enivre de l’Esprit, notre « vin doux », gleukos, qui a donné le glucose. Gleukos est employé une seule fois, en Ac 2, 13 : « Mais d’autres se moquaient, et disaient : Ils sont pleins de vin doux ». La requête de Marie aux Noces de Cana, deuxième mystère lumineux du Rosaire, est une prière d’intercession à son Fils en faveur de l’humanité privée de la Connaissance de Dieu. Les églises, œuvres de la Connaissance dans l’Apostolat, sont les lieux où l’eau est transformée en vin. L’idolâtrie, qui remplace la connaissance de Dieu, est associée dans la Tradition à la coupe la colère que décrit Isaïe en Is 51 (Connaissance), 17. L’humanité est invitée à boire le meilleur vin, qui a été gardé pour la fin.

Les hommes ne savent pas qu’ils sont ignorants. Socrate est le modèle des hommes conscients de leur ignorance : « Je sais que je ne sais rien », adage socratique rapporté par son élève Platon dans l’Apologie de Socrate et dans le Ménon. Socrate a repris l’injonction inscrite sur le Temple de Delphes : « Connais-toi toi-même ». La Tradition nous montre que la connaissance de l’homme prend place dans la connaissance de Dieu, car l’homme est l’œuvre de Dieu. Le don de Connaissance nous éclaire sur nous-mêmes. Il nous fait pénétrer par-delà le voile des apparences vers notre être véritable, notre personne, hypostasis. Fondamentalement, notre personne est reliée à Dieu, dont nous sommes appelés, de toute éternité, à être les enfants, c’est-à-dire à vivre une relation de dépendance et de bienveillance. La lumière de la Connaissance nous révèle également nos péchés, c’est-à-dire ce qui en nous nous empêche le plein épanouissement de notre histoire d’amour avec Dieu, et, en Dieu, avec les hommes. Cette vision claire de notre âme nous est donnée par moments sur terre, et nous afflige. Elle est la vision permanente que les âmes du Purgatoire ont d’elles-mêmes. Voyant leur âme dans toute sa nudité, elles se voient également privées du plus grand bien, Jésus-Christ, qui se tient à distance, cette même distance de Jésus par rapport à la foule qui frappe le lecteur du deuxième Evangile. Le Christ de Luc est proche, et celui de Jean l’est encore plus, car il nous révèle tous les secrets de sa mission.

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel » (CEC 1030). Le Purgatoire est l’œuvre de la Connaissance dans le Sacerdoce. Il est le lieu où Dieu, par la Connaissance, nous donne une claire vision de nous-mêmes et où, par la Force, il nous nettoie de nos impuretés. « Le purgatoire est une forme mystérieuse de purification pour les défunts que secourt la prière de l’Eglise. Ces purifications au-delà de la tombe restent pour tous un grand mystère. Il serait absurde d’y chercher la moindre analogie avec l’enfer, où la souffrance nait de l’absence d’amour. Là, elle nait de l’amour même. C’est la souffrance d’avoir offensé Dieu qu’on aime et auquel on aspire de toute la force d’une âme libérée » (Cardinal Poupard). Une alchimie subtile s’opère au purgatoire. Dieu nous y fait voir l’ensemble de notre vie, et pas seulement une situation particulière, à la lumière de la volonté de Dieu. Les récits des personnes mortes et revenues à la vie nous parlent du phénomène par lequel notre vie entière défile devant nos yeux et nous fait juges de nous-mêmes, illuminés que nous sommes par la lumière divine.

La douleur produite par la vue de nos fautes est l’essence de la peine du Purgatoire. Dans cet état, les âmes accueillies aux Noces de l’Agneau finissent de se purifier afin d’entrer sans taches en présence du Seigneur. Au purgatoire, les âmes sont à ‘l’état pur’, privées de leur corps et privées de la proximité de Dieu, et la souffrance est plus grande quand elle touche l’âme directement, sans passer par le corps. La Tradition parle des ‘pauvres âmes du purgatoire’. Elles ne possèdent plus rien si ce n’est la connaissance parfaite d’elles-mêmes et la connaissance imparfaite de Dieu. Ces âmes sont dépouillées de leur corps, comme nous avons été dépouillés de la grâce en péchant et comme Jésus s’est dépouillé de sa richesse en venant parmi nous. On peut dire que le purgatoire est le lieu où Satan a été vaincu : l’homme est dans la connaissance de Dieu que Satan avait réussi à éliminer dans l’esprit humain. Le purgatoire est une facette du Sacerdoce. Les âmes du purgatoire, avec les Saints, intercèdent pour nous. Quel que soit leur état (Ciel, Purgatoire, Terre), les âmes sont toutes unies dans la charité du Christ

Developpons un peu plus le lien entre le purgatoire et la Connaissance. Le purgatoire est l’état dans lequel l’homme a la perception exacte de ses péchés. Il a la connaissance de soi dont parle sainte Catherine de Sienne. « Au Purgatoire, les âmes connaissent leurs fautes, elles en ont la totale perception », ce qui n’est pas notre cas sur terre, hors grâce particulière. Nous ne sommes pas souvent conscients de la gravité de nos péchés. Paraptoma, « péchés, offenses », est employé dans 19 versets du NT. Ep 2, 1 : « Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés », repris en Eph 2, 5 pour exprimer que la grâce nous rend la vie en nous communiquant l’Esprit de Dieu : « Nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ c’est par grâce que vous êtes sauvés ». On retrouve la combinaison de ces deux dons, Force et Connaissance, dans un autre verset qui exprime le don gratuit de la grâce fait aux pécheurs, en Rm 5, 16 : « Et il n’en est pas du don comme de ce qui est arrivé par un seul qui a péché ; car c’est après une seule offense que le jugement est devenu condamnation, tandis que le don gratuit devient justification après plusieurs offenses ». En effet, le péché s’est multiplié. Le péché originel a engendré la multitude des péchés des hommes. La filiation est un thème de la Connaissance. Paraptoma vient de parapipto, employé une fois et qui signifie « tomber ». Pipto, « descendre d’un lieu élevé », est employé dans 85 versets du NT. Le péché originel est l’œuvre du premier couple influencé par les anges déchus devenus démons, que Dieu a précipités dans les profondeurs de la terre, l’enfer.

Ap 9, 1 : « Le cinquième ange sonna de la trompette. Et je vis une étoile qui était tombée du ciel sur la terre. La clef du puits de l’abîme lui fut donnée ». Chaque péché renouvelle la chute originelle et nous éloigne de Dieu. Les péchés sont des poids sur notre âme qui nous attirent vers le bas, vers Satan et loin de Dieu. Ils sont le résultat de la force gravitationnelle que le pôle du mal, Satan, exerce sur nous. Le don de Connaissance nous fait voir toute la ‘gravité’, c’est-à-dire le poids, de nos péchés. Les deux missions du Fils et de l’Esprit sont des descentes sur la terre, afin de nous donner la force de remonter vers Dieu. Katabaino, « descendre », est employé dans 80 versets du NT. L’amour de Dieu nous fait descendre au séjour des morts afin de les ramener à la vie. Orphée, l’homme à la lyre aux sept cordes, les sept dons qui font jouer la musique de l’Esprit en lui, est parti chercher Eurydice aux enfers. Jésus lui-même, dans des récits apocryphes, liés à la Connaissance, est descendu aux enfers après sa mort sur la Croix. Le premier emploi de katabaino est en Mt 3, 16 : « Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui ». Jésus est souvent montré en train de descendre d’une montagne, image de l’Incarnation. En Lc 10, 30 la chute de l’homme ainsi que la passion du Christ sont annoncée : « Jésus reprit la parole, et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi-mort ».

Le Père nous voit comme ses enfants, et chaque péché que nous commettons est comme un coup que l’ennemi nous assène afin de nous faire mourir spirituellement. Les âmes du purgatoire sont comme cet homme « à demi-mort » que le bon samaritain vient soigner. Elles portent les blessures et les taches du péché. Dieu se fait au purgatoire comme sur terre notre infirmier. Il a besoin pour cela des prières de l’Eglise militante, c’est-à-dire de l’Eglise pérégrinante unie dans une même Foi. Par ces prières, la force d’attraction du Ciel l’emporte sur celle de la terre, et les âmes du purgatoire progressent sur l’échelle de Jacob que les anges empruntent. Jn 1, 51 : « Et il lui dit : En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme ». L’adverbe epi « sur » utilisé ici évoque l’idée que cette échelle n’est autre que le Fils de l’homme. Il a dit de lui-même qu’il était le chemin de retour vers le Père. La prière au Nom de Jésus-Christ fait monter les âmes vers le Père. Il est descendu à Noël, deuxième temps de l’Année liturgique, pour que nous puissions remonter vers le Père. Il a pris sur lui nos péchés, afin de nous envoyer l’Esprit sanctifiant qui nous lave de nos péchés et nous rend notre blancheur originelle. Les âmes du purgatoire sont les brebis portees sur le dos du bon pasteur qu’il les ramène dans la bergerie du Ciel.

En effet, c’est en Jésus-Christ que reposent les âmes humaines, et la connaissance de soi est inséparable de la connaissance du Fils de Dieu. On peut dire que l’état du purgatoire reproduit la vision que les trois disciples eurent de la gloire de Jésus lors de la Transfiguration. La gloire de Dieu est « l’unique occupation » des âmes du purgatoire. « Ces très saintes âmes ont beaucoup de choses à nous enseigner sur le mystère de la gloire de Dieu, sur notre devoir de la glorifier, et aussi sur l’obligation que nous avons de simplifier notre regard intérieur »[2]. La Transfiguration est racontée en Mc 9, 2 (triple Connaissance): « Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ». Metamorphoo, « transfigurer », est employé dans 4 versets du NT. Le premier emploi est en Mt 17, 2 : « Il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière ». Le purgatoire est l’état dans lequel notre âme retrouve sa blancheur originelle. Nos vertus sont le vêtement de notre âme. Les péchés sont des taches sur ce vêtement et le purgatoire est le processus par lequel nos vêtements sont lavés, dans le sang de l’agneau. La souffrance que nous connaissons au purgatoire est une participation à la passion ininterrompue du Christ. Nous parlons de la Ppassion (pascho) et de la souffrance dans le chapitre sur les couples, œuvre de la Connaissance dans la Civilisation. Pour de nombreux couples, la vie à deux est un long purgatoire, dans lequel leurs fautes sont constamment exposées par le regard perçant de l’autre qui les rappelle sans cesse. Nos péchés tuent l’amour. Ils éteignent la flamme de l’amour, qu’il faut sans cesse faire redémarrer par nos prières. Le Saint-Esprit doit redescendre sur le couple comme il est descendu sur terre. Par nos péchés, nous l’attristons, et Il s’éloigne. Par nos prières, nous le faisons revenir vers nous et nous aider à lutter contre le péché.

La tristesse est l’atmosphère générale du purgatoire. Lupe, « triste, tristesse », est employé dans 14 versets du NT. On le trouve quatre fois en Jn 16, dont Jn 16, 21 qui évoque la tristesse de la femme qui enfante, suivie de la grande joie d’avoir donné la vie. On peut imaginer le purgatoire comme le lieu dans lequel les âmes sont enfantées au ciel dans la souffrance du Fils et de sa mère Marie, notre mère du ciel. En Mc 9, 9, on retrouve le verbe katabaino, alors que Jésus et ses disciples redescendent de la montagne : « Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qu’ils avaient vu, jusqu’à ce que le Fils de l’homme fut ressuscité des morts ». L’histoire chrétienne est pleine de récits de personnes ‘visitées’ par des âmes du purgatoire, en songe bien souvent. Elles ‘redescendent’ de la montagne sur laquelle elles ont vu Dieu, et viennent révéler aux hommes la nécessité de fuir le péché et de se préparer à la vision béatifique, cette vision dans laquelle ils baignent, mais qui les fait souffrir du fait de leurs imperfections. Ceci nous rappelle aussi l’histoire du pauvre Lazare, qui retrouve le riche au « séjours des morts ». Cet épisode se trouve au chapitre 16 de Lc. En Lc 16, 23 nous est décrit le point de vue des âmes du purgatoire : « Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein ». Le pauvre Lazare est dans le sein d’Abraham le juste, c’est-à-dire au ciel. Le ciel est représenté comme « au-dessus » du purgatoire. Le riche est au purgatoire, car il a péché contre la vertu de charité lorsqu’il était sur terre. Les deux thèmes principaux du purgatoire nous sont donnés ici : les tourments et l’éloignement de Dieu (« il vit de loin Abraham »). Lazare est également le nom du frère de Marthe et Marie, que Jésus ressuscite des morts, de même que Jésus ramène au ciel les âmes du purgatoire.

Le purgatoire est le lieu du feu qui brûle notre impureté. « Ce feu nous prépare à voir Dieu » (Daniel-Ange). Le Pur-gatoire est la porte (le ‘gate’ anglais) de feu (pur en grec), ce feu purificateur qu’il faut traverser pour entrer au Ciel. Pur, « feu », est employé dans 71 versets du NT. Mc 9, 44 (triple Connaissance): « Que d’avoir les deux mains et d’aller dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas ». Dans la Tradition, ce feu devient le désir de voir Dieu que le Seigneur met en nous. Les âmes du purgatoire sont dans l’espérance parfaite, car elles savent que leur état est transitoire. Le Psaume 63 décrit le désir de l’âme pour Dieu au purgatoire : « Mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi, comme une terre aride, altérée, sans eau ». Une prophétie catholique annonce la venue de Trois Jours de Ténèbres sur la terre, accompagnés d’une pluie de feu destructrice[3]. Cette prophétie rappelle la neuvième (Connaissance) plaie d’Egypte, dans le livre de l’Exode, deuxième livre de l’Ancien Testament. Ex 10, 23 : « Pendant trois jours, personne ne vit son frère ni ne bougea de sa place. Mais tous les fils d’Israël avaient de la lumière là où ils habitaient »[4]. Ce feu est le feu de la colère (Connaissance). Afin de préserver sa maison de la colère de Dieu, les hommes sont invités, dans cette prophétie, à accrocher une croix sur leur porte – comme on accroche une couronne de Noël – et à avoir à leur disposition des bougies bénies, qui seules s’allumeront pendant ces jours de ténèbres[5]. On retrouve ici deux symboles importants dans la vie de Moïse : la croix de sang sur les maisons des Juifs d’Egypte qui les protège de la colère de Dieu, et le feu du buisson ardent qui brûle sans se consumer. Les hommes doivent devenir des bougies porteuses de la lumière de Dieu qui ne s’éteint pas. La cire est le corps, la mèche l’âme et la flamme l’esprit. Ils doivent mettre les points sur les i, la neuvième lettre de l’Alphabet latin. Durant ces trois jours de ténèbres, les chrétiens seront invités à ne pas ouvrir les rideaux afin de ne pas voir les visages terrifiants des démons. Le voile est un thème lié à la Connaissance, qui nous fait passer outre ce voile afin de voir le ciel.

Cette prophétie, pleine de symbolisme comme toutes les prophéties, nous invite à ne vivre pendant trois jours que de la lumière du Christ et à se fermer à toutes les perceptions du dehors. Ce sera l’heure où le voile qui sépare la terre du ciel aura été levé, et penfant laquelle les hommes auront une expérience du Purgatoire. Terminons cependant par cette parole de saint Paul, placée trois fois sous le signe de la Connaissance, en 2 Th 2, 2 : « N’allez pas trop vite perdre la tête ni vous effrayer à cause d’une révélation prophétique, d’un propos ou d’une lettre présentés comme venant de nous, et qui vous feraient croire que le jour du Seigneur est arrivé ».

NOTES

[1] Maurice COCAGNAC. Les symboles bibliques. Cerf, 2006.

[2] Regards sur le Purgatoire. Page 48.

[3] Anna Maria Taigi, Marie-Julie Jahenney, le Padre Pio, Notre-Dame d’Akita, etc.

[4] Pour une lecture symbolique des Dix plaies d’Egypte, Annick de SOUZENELLE, L’Egypte intérieure ou les dix plaies de l’âme. Albin Michel, 1997.